L’article a été publié par la revue à comité de lecture Hegel.
Josse, É. (2026). Pourquoi le pouvoir change la personnalité. Hegel, 161(1), 119-132. https://doi-org.bases-doc.univ-lorraine.fr/10.3917/heg.161.0126.
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Résumé
L’accès au pouvoir transforme ceux qui l’exercent. Cette observation, loin d’être anecdotique, s’appuie sur un corpus de recherches documentant des altérations, possiblement profondes, de la personnalité des leaders. Le « syndrome d’hubris » — analysé dans d’autres publications [1-3] — en constitue la manifestation la plus spectaculaire, mais le phénomène dépasse cette seule pathologie.
Cet article examine les transformations caractéristiques du pouvoir : confiance excessive, érosion de l’empathie, émergence de traits narcissiques. Notre analyse s’articule autour de trois niveaux explicatifs : les processus psychologiques (biais cognitifs, dépendance au statut), les dynamiques interpersonnelles et institutionnelles (isolement, flatterie, inefficacité des contre-pouvoirs) et les fondements neurobiologiques (modifications des systèmes dopaminergique et hormonal). Nous discuterons des implications de ces changements de personnalité : leurs effets sur la santé mentale individuelle, familiale et professionnelle du leader, d’une part, et leurs conséquences pour la stabilité démocratique et le bien collectif, d’autre part.
Mots-clés éditeurs : Syndrome d’hubris, personnalité, pouvoir, mécanismes psychologiques, mécanismes sociaux, mécanismes neurobiologiques, leaders politiques, santé collective
Access to power transforms those who wield it. This observation, far from being anecdotal, is supported by a body of research documenting potentially profound changes in the personalities of leaders. The “hubris syndrome”—analyzed in other publications [1-3]—is the most spectacular manifestation of this, but the phenomenon goes beyond this single pathology.
This article examines the characteristic transformations of power: excessive confidence, erosion of empathy, emergence of narcissistic traits. Our analysis is structured around three explanatory levels: psychological processes (cognitive biases, status dependence), interpersonal and institutional dynamics (isolation, flattery, ineffectiveness of countervailing powers), and neurobiological foundations (changes in the dopaminergic and hormonal systems). We will discuss the implications of these personality changes: their effects on the leader’s individual, family, and professional mental health, on the one hand, and their consequences for democratic stability and the collective well-being, on the other.
Mots-clés éditeurs : Hubris syndrome, personality, power, psychological mechanisms, social mechanisms, neurobiological mechanisms, political leaders, public health
Date de mise en ligne : 14/04/2026https://doi.org/10.3917/heg.161.0126