Le stress traumatique du personnel de secours

, par  Evelyne Josse

Reproduction autorisée et bienvenue, moyennant mention de la source et accord préalable d’Evelyne Josse.

Article paru sur www.secunews.be, le 30 mai 2011. Pour voir l’article sur le site de secunews, cliquez ICI.


 Le stress traumatique du personnel de secours


Evelyne Josse
2011

Dans l’article précédent (voir référence), nous avons rappelé que les professionnels des services de secours et d’urgence sont exposés de façon régulière à des événements hautement stressants, voire traumatisants. Dans le présent, nous allons détailler les réactions qu’ils sont susceptibles de manifester dans les heures et les jours suivant de telles situations. Celles-ci sont largement dominées par des manifestations propres au stress mais relèvent parfois aussi du traumatisme.

 Des réactions de stress intense

Au niveau somatique  : une fatigue permanente, des réactions de sursaut au moindre bruit, des nausées, de la diarrhée ou de la constipation, des douleurs musculaires, des céphalées, des vertiges, des tremblements, des sueurs, des palpitations cardiaques, des impressions de gorge serrée, de poids sur la poitrine ou de respiration difficile, etc.

Au niveau émotionnel  : de la peur, des angoisses et de l’anxiété, de l’apathie, un sentiment d’impuissance, de la tristesse, de la culpabilité, de la colère, une anesthésie affective, etc.

Au niveau cognitif  : des impressions d’irréalité, une incapacité à se rappeler un aspect important de l’événement traumatique, des difficultés de concentration, etc.

Au niveau comportemental  : de l’irritabilité, de l’agressivité, de l’agitation ou, à l’inverse une activité ralentie, des insomnies, des réveils nocturnes, etc.

Ces réactions ne sont pas spécifiques à un incident critique et peuvent survenir en réponse à d’autres situations ou événements. Certains effets sont par contre propres au traumatisme.

 Des réactions propres au traumatisme

Les symptômes traumatiques s’observent fréquemment à la suite d’expériences menaçant la vie et de scènes particulièrement horribles ainsi que dans les contextes où l’événement est continuellement rappelé (diffusion médiatique, poursuites des activités professionnelles sur le lieu de l’agression, etc.).

Ces réactions se caractérisent par la reviviscence du traumatisme sous forme de souvenirs récurrents, de flashbacks, de cauchemars, d’impressions que l’événement va se renouveler, de détresse lors de l’exposition à des indices pouvant évoquer ou ressembler à un des aspects de l’événement traumatique, etc. De plus, la personne a tendance à éviter tout ce qui rappelle l’événement traumatique : les lieux, les personnes, les conversations, les sentiments, les activités, etc.

Ces réactions sont à considérer comme des réponses normales, du moins attendues, à un événement hors du commun.

Dans le mois qui suit l’événement, le stress reste aigu mais il devrait se dissiper peu à peu puis disparaître. Passé ce cap, la persistance des réactions, voire l’apparition de signes supplémentaires ou plus intenses, fait suspecter l’apparition d’un véritable traumatisme psychique et l’évolution vers la chronicité.

Dans le prochain article, nous verrons de quelle manière les personnes engagées dans les services de secours et d’urgence peuvent contribuer à leur propre rétablissement après avoir été confronté à un événement potentiellement traumatisant.

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Evelyne Josse

Psychologue, psychothérapeute, www.resilience-psy.com

Source : http://www.irsst.qc.ca

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