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Extrait du livre : « Le pouvoir des histoires thérapeutiques. L’hypnose éricksonienne dans le traitement des traumatismes psychiques »

Editeur : La Méridienne/Desclée de Brouwer (22 novembre 2007),
Collection : HOR COLL,
Langue : Français,
ISBN-10: 222005876X, ISBN-13: 978-2220058764,
Diffuseur/distributeur : VOLUMEN

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PREMIERE PARTIE THEORIQUE

Le pouvoir thérapeutique des histoires

Les histoires thérapeutiques participent à la transformation et à la reconstruction identitaire du patient car elles engagent à reconsidérer, à réélaborer les significations d’une situation problématique donnée ainsi que les solutions à y apporter. En effet, de manière indirecte, elles s’attachent à revenir sur les événements
traumatiques, à les questionner, à les déconstruire et à les reconfigurer en y associant de nouvelles conceptions. Les analogies et les métonymies permettent d’intégrer des éléments ou des hypothèses et d’offrir des perspectives nouvelles qui n’étaient pas disponibles dans les ressources du patient. En reprenant à son compte les idées qui
font sens pour lui, le patient recompose sa propre histoire. Grâce à la fiction, il recadre une première interprétation de son vécu, de ses problèmes, de ses ressources, de ses qualités et de ses besoins pour
en construire une nouvelle. Ces reconfigurations conceptuelles survenant à la faveur des analogies et des métonymies vont permettre au patient, selon le cas, une série de possibilités notables. Citons-en quelques-unes : retrouver de l’espoir en l’avenir, convertir une
émotion, élargir l’éventail de ses possibilités, entrevoir de nouvelles options stratégiques, changer d’attitude face aux difficultés (par exemple, accepter une situation, prendre de la distance), stimuler sa motivation ou sa combativité, prendre des décisions, augmenter ses capacités d’action, restaurer l’estime de soi, ou encore resituer sa personnalité.

Différents types d’histoire thérapeutique

Les histoires thérapeutiques peuvent prendre des formes multiples. Elles peuvent être fantastiques, drôles, absconses, exotiques. Elles peuvent raconter une fiction sous forme de conte, de fable, de légende, de mythe ou de blague. Elles peuvent se présenter comme des faits réels par le truchement d’une anecdote, d’un phénomène de
science naturelle, d’une aventure expérimentée par un tiers, voire une situation « vécue » par le patient lui-même dans un moment imaginé du futur. Elles peuvent être longues comme les épopées mythologiques ou courtes comme un aphorisme, un proverbe ou une maxime. Certaines
proposent une solution telles les histoires « fermées » tandis que d’autres, les histoires « ouvertes », laissent à l’auditeur la liberté de résoudre l’intrigue. D’autres encore, les histoires « participatives », mettent en scène le patient lui-même et lui font prendre part à une activité imaginée. Nous le voyons, il existe de nombreuses manières de suggérer des idées dans un but thérapeutique.
Toutes ces approches sont fécondes. Certaines seront adaptées à un patient et pas à un autre. Elles dépendent toutes de la responsabilité du thérapeute qui les ajustera en fonction de la personne qui le consulte.

Histoires thérapeutiques et hypnose

L’hypnose a fait l’objet de nombreux ouvrages. Nous n’en développerons donc pas les fondements dans celui-ci. Rappelons simplement que l’état hypnotique ou transe hypnotique est essentiellement un état d’attention durant lequel l’esprit de la personne est tellement accaparé par une idée, des images internes, des sensations ou des
émotions qu’elle est momentanément indifférente à la plupart des aspects de la réalité extérieure. Certaines fonctions psychiques sont alors mises en veilleuse au profit d’autres processus, notamment inconscients. Les perceptions et l’appréhension de la réalité en sont
modifiées. Ainsi, par exemple, le sujet en transe peut éprouver subjectivement une histoire qui lui est racontée. Le vécu l’emporte sur le réel et la fiction devient réalité. Une histoire peut être racontée sans qu’une hypnose formelle ait été préalablement induite.
Néanmoins, elle aura davantage d’impact si le thérapeute prend le temps de capter l’attention de son patient, tout comme le font les conteurs talentueux. L’auditeur, focalisé sur ce qui lui est conté, se désintéresse petit à petit de la réalité externe, se laisse entraîner dans l’univers du récit et ce faisant, entre dans un état de conscience modifiée.

(Page 40 à 43)

DEUXIEME PARTIE PRATIQUE

La vie renaît de ses cendres

Pour Montse Llados, une merveilleuse femme-Phénix
Objectif de la séance
Cette séance est conçue pour les personnes qui ont connu un événement traumatique assorti de la perte signifiante : d’un être cher, une patrie, un mode de vie, de biens matériels ou de tout autres éléments nécessaires au bien-être émotionnel.

Elle a pour objectif de :

– recadrer les pertes consécutives à l’incident critique,
– leur redonner de l’espoir pour l’avenir,
– souligner leurs capacités de résilience et de croissance posttraumatique.

(Page 227)

La séance

« Bien, eh bien, comme vous le savez, il n’y a rien de particulier à faire, rien de particulier à savoir pour… entrer en transe… Il suffit juste de permettre à votre corps de prendre une position bien confortable… Bien…

Dans un premier temps, vous pouvez vouloir concentrer votre attention consciente sur ce que je dis… et petit à petit, c’est votre attention inconsciente qui va se concentrer de plus en plus et demieux en mieux…

Et vous pouvez prendre plaisir à… entrer en transe… en vous laissant guider dans un voyage particulier, un voyage dans un monde coloré… un monde lumineux… un monde vivant… La lumière, les couleurs et la vie sont indissociables… Et vous pouvez pleinement savourer les merveilleuses couleurs d’un arc-en-ciel… quand la lumière blanche dévoile toute la richesse des couleurs qu’elle contient… En sachant que votre inconscient est tout à fait capable de transformer mes mots et mes images si ces mots et ces images ne correspondent pas à l’expérience que vous êtes en train de vivre… Un voyage du rouge au violet… Les longueurs d’ondes se diffractent et se réfractent révélant à notre vue la nature entière…

Un voyage qui commence par le rouge…

(Page 229)

Et je ne sais pas si vous avez déjà pensé au fait que ce terreau si fertile est composé de feuilles pourries, de débris en putréfaction, de moisissures et d’autres détritus. Toutes ces choses dépassées du passé sont converties en substances vivantes. Toutes ces matières usées sont récupérées puis restituées avec un potentiel vital rénové… Évidemment, les choses ne se reconstituent pas comme avant… Le feu et la transformation des feuilles mortes initient une vie nouvelle… et les racines apportent une vie différente… C’est intéressant comme les racines ont cette capacité d’épurer toute cette boue et de façonner toutes ces choses gâtées, abîmées, avariées, détériorées en un monde bien vivant…

(Page 233)

L’analyse

Un voyage du rouge au violet… Les longueurs d’ondes se diffractent et se réfractent révélant à notre vue la nature entière…
Un voyage qui commence par le rouge

Les suggestions contenues dans cette induction activent tous les canaux sensoriels : visuel, auditif,
kinesthésique, olfactif et gustatif (VAKOG)

1

.

Chacun de nous possède une orientation sensorielle
principale, c’est-à-dire un canal privilégié par lequel il
perçoit le monde et par lequel il communique. Par
exemple, un « visuel » dira : je vois ce que vous voulez
dire ; un « auditif » : je n’entends rien à cette histoire ;
un « kinesthésique » : je suis touché par vos propos ; et
un « olfactif » : je ne peux pas sentir cet individu.

Certains maîtres praticiens en PNL préconisent de
communiquer avec les patients sur leur mode sensoriel de
prédilection. Cette manière de procéder se révèle généralement utile lors des échanges verbaux ainsi que dans les premières séances d’hypnose. En effet, les patients se
sentent « compris », ce qui favorise l’établissement d’un
climat de confiance et d’une alliance thérapeutique.
Cependant, je pense qu’il est profitable de les aider à
élargir et à enrichir leur façon d’appréhender le monde
en stimulant des canaux secondaires. Par ailleurs, plus
nombreux sont les canaux sensoriels mobilisés par les
représentations mentales, plus le niveau d’absorption
hypnotique a de chance d’être profond et la dépotentialisation du conscient, importante.

Nous l’avons vu, l’idéodynamisme est la propriété des
idées à se transformer en mouvement, sensation ou
émotion. En ce qui concerne la lévitation, on parle de
phénomène idéomoteur. Dans le cas présent, les représentations mentales formées par l’auditeur suite aux
suggestions qui lui sont faites se traduisent respectivement au niveau sensoriel et émotionnel ; on parle
alors de phénomènes idéo-sensoriels et idéo-affectifs.

(Page 236)

Notes et références

  1. En PNL, les différents canaux de perception et de communication (Visuel,Auditif,
    Kinesthésique, Olfactif et Gustatif) sont désignés par l’acronyme VAKOG