Interventions humanitaires en santé mentale dans les violences de masse

, par  Evelyne Josse

Un ouvrage d’Evelyne Josse et Vincent Dubois publié chez de Boeck Université dans la collection Crisis. Préface du Professeur Louis Crocq.

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Interventions humanitaires en santé mentale dans les violences de masse
 

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 Fiche technique

ISBN 978-2-8041-0409-2

ISSN 2031-1966

Format : Livre broché

Nbre de pages : 304

Date de parution : septembre 2009

Prix de vente : 26,50 €

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  • A Bruxelles, Fnac, rayon psychanalyse, Post-traumatisme : City 2, Rue Neuve à 1000 Bruxelles (ouvert du lundi au samedi de 10h à 19h, le vendredi de 10h à 20h. Si vous désirez vous assurer quant à la disponibilité de l’ouvrage, veuillez téléphoner au 02/222 75 11 11
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Sur Amazon : http://www.amazon.fr/Interventions-humanitaires-sant%C3%A9-mentale-violences/dp/2804104095

 La quatrième de couverture

À l’heure actuelle, les activités de santé mentale font partie intégrante des programmes de nombreuses ONG et agences internationales intervenant dans les contextes de violence de masse. En effet, les répercussions des combats et de l’exil sur l’équilibre psychologique et social des individus et des communautés sont aujourd’hui connues et prises en considération par les acteurs de l’aide au développement dans les procesus de paix et de reconstruction des sociétés.

Pour répondre aux besoins en santé mentale des populations affectées, les auteurs proposent un ensemble d’activités conciliant l’approche clinique, centrée sur les sujets les plus fragiles et l’apporche psychosociale, visant à restaurer et maintenir le fonctionnement du groupe communautaire. L’expérience montre que c’est en couplant ces deux approches que les projets humanitaires sont à même de relever les défis de santé soulevés par des tragédies humanitaires de grande ampleur.

Cet ouvrage décrit de manière détaillée et systématique un grand nombre d’interventions susceptibles de répondre efficacement aux besoins de ces populations. Y sont développées pour les personnes vulnérables, des mesures spécifiques, tant psychologiques que psychiatriques. Pour la communauté, sont suggérées des actions simples visant à atténuer la détresse générale et à prévenir l’apparition de troubles mentaux et psychosociaux.

Combinant fondements théoriques et expériences de terrain, cet ouvrage s’adresse à tout intervenant confronté aux conséquences immédiates et ultérieures des guerres, des troubles internes et de l’exil.

 Les auteurs

Evelyne Josse est psychologue clinicienne formée en hypnose, thérapie brève et EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing). Actuellement, elle est psychothérapeute en consultation privée, superviseur de psychothérapeutes, formatrice en psychotraumatologie et consultante en psychologie humanitaire. Elle travaille depuis 1992 pour des organisations et des agences humanitaires (MSF, MDM, CICR,
etc.).

Vincent Dubois est psychiatre et docteur en sciences biomédicales. Il est chef du service de psychiatrie adulte aux Cliniques universitaires St-Luc, directeur médical de l’ASBL Addictions, vice-président de l’ONG
Louvain développement, vice-président de la Ligue belge de la dépression, vice-président de la Société royale de médecine mentale de Belgique, président de l’ASBL Remission-Remissie VZW.

 La table des matières

Présentation des auteurs 7

Liste des abréviations 9

Remerciements des auteurs 11

Préface 13

Introduction 17

Première partie
Partie théorique 21

Chapitre 1 Interventions de santé mentale dans les contextes
de violences de masse 23

1. La sensibilisation à la santé mentale dans la santé publique internationale 24

  • 1.1 L’importance croissante de l’aide humanitaire internationale
    et l’élargissement de son champ d’activité 24
  • 1.2 La reconnaissance médicale du traumatisme psychologique 26
  • 1.3 L’importance de la santé mentale dans les phénomènes de santé 31
  • 2. Types d’actions en santé mentale 33
  • 3. La controverse sur le terrain et dans la littérature 34

Chapitre 2 Les dimensions fondamentales pour définir les interventions 37

  • 1. Catastrophe et crise humanitaires, définition 38
  • 2. Intervention humanitaire, temporalité et santé mentale 39
  • 3. Notions de santé publique 39
    — 3.1 Les concepts de santé 40
    — 3.2 L’algorithme décisionnel en santé publique 40
    — 3.3 Les données épidémiologiques 41
    — 3.4 Les répercussions des problématiques de santé mentale 43
  • 4. La dimension culturelle 44
  • 5. Les niveaux d’intervention 48
    — 5.1 Le niveau de prévention 48
    — 5.2 Le niveau d’organisation 48

6. Les publics-cible 48

7. Les personnes et les groupes vulnérables dans les contextes
de violences de masse 50

  • 7.1 Le concept de vulnérabilité 50
    — 7.1.1 Sécurité versus vulnérabilité 50
    — 7.1.2 Les facteurs de risque 50
  • 7.2 Les personnes et les groupes vulnérables dans les contextes
    de violences de masse 54
    — 7.2.1 Les personnes et les groupes à risque de subir des dommages 55
    — 7.2.2 Les personnes à risques de souffrir de conséquences cliniques
    et psychosociales suite aux événements vécus 62

8. Le contexte politique 63

9. La durabilité 64

10. Les ressources humaines 64

  • 10.1 Travailler avec le personnel local 64
  • 10.2 Le recrutement des ressources humaines 64
  • 10.3 La formation du personnel local 66

Chapitre 3 Les souffrances psychologiques et sociales 69

1. La situation de violence de masse 69

  • 1.1 Les conflits aigus 69
    — 1.1.1 Les dangers 69
    — 1.1.2 Les conséquences 71
  • 1.2 La violence chronique 72
    — 1.2.1 Les dangers 72
    — 1.2.2 Les conséquences 72

2. Les déplacements de population comme conséquence de la violence de masse 73

3. La situation de réfugiés et de déplacés dans les contextes de violence de masse 74

  • 3.1 Les conditions de vie 74
  • 3.2 Le mode de vie 75
  • 3.3 Les événements traumatiques additionnels 76
  • 3.4 Les rapports avec la population d’accueil 76
  • 3.5 L’exportation de conflits politiques, religieux ou ethniques 77

4. La situation de post-conflit 77

  • 4.1 Les déplacements de population 78
    — 4.1.1 Le retour des prisonniers, des déplacés, des réfugiés, des exilés 78
    — 4.1.2 Le retour des combattants 78
    — 4.1.3 La cohabitation forcée des martyrs et des tortionnaires 79
  • 4.2 La situation de déplacés ou de réfugiés dans les situations de post-conflit 80
  • 4.3 La justice ou l’impunité 81
  • 4.4 Le changement de mentalité 82

Chapitre 4 Les thématiques spécifiques 87

1. Les violences sexuelles 87

  • 1.1 Définition de la violence sexuelle 88
  • 1.2 Les différentes formes de violence sexuelles 88

2. La torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants 92

  • 2.1 Définition de la torture et autres peines ou traitements cruels,
    inhumains ou dégradants 93
    — 2.1.1 La torture 93
    — 2.1.2 Les peines et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants 93
  • 2.2 Victimes et tortionnaires 94
    — 2.2.1 Les victimes 94
    — 2.2.2 Les tortionnaires 94
  • 2.3 Le but de la torture et autres mauvais traitements 94
  • 2.4 Les techniques de torture et de mauvais traitements 95
    — 2.4.1 La torture et les mauvais traitements physiques 95
    — 2.4.2 La torture et les mauvais traitements psychologiques 96

3. Le VIH/SIDA 99

  • 3.1 Un risque accru de propagation du virus 99
  • 3.2 Les facteurs de vulnérabilité des PVVS 101

4. Le deuil 104

  • 4.1 Définition du deuil 104
  • 4.2 Les étapes du deuil 105
  • 4.3 Deuil et violences de masse 106

Deuxième partie
Partie pratique 111

Chapitre 1 Les interventions psychosociales et cliniques
dans les hébergements collectifs 113

Introduction 113

1. Interventions psychosociales et cliniques 114

2. Le fondement des interventions psychosociales 115

  • 2.1 Toute la communauté est touchée 115
  • 2.2 La communauté a des ressources 116
  • 2.3 Une communauté forte pour soutenir les plus vulnérables 116

3. Interventions et populations-cibles 116

  • 3.1 Les interventions visant la population affectée dans son ensemble 116
  • 3.2 Les interventions visant les groupes vulnérables 117
  • 3.3 Les interventions destinées aux personnes vulnérables 117

Chapitre 2 Les temps de l’urgence 121

Introduction 121

1. Entrée dans l’urgence, la phase aiguë 122

  • 1.1 Interventions durant la phase d’urgence aiguë et populations-cibles 122
    — 1.1.1 Les interventions visant la population affectée dans son ensemble 122
    — 1.1.2 Les interventions destinées aux groupes vulnérables 122
    — 1.1.3 Les interventions destinées aux personnes vulnérables 122

2. Les étapes de la phase d’urgence aiguë 123

  • 2.1 La prise de contact avec la communauté affectée 123
  • 2.2 L’évaluation initiale 123
    — 2.2.1 Les objectifs de l’évaluation initiale 124
    — 2.2.2 Comment récolter des données utiles en santé mentale ? 126
    — 2.2.3 Quelles données récolter ? 131
  • 2.3 La satisfaction des besoins de base 136
  • 2.4 La diffusion d’information 136
    — 2.4.1 Importance de l’information 136
    — 2.4.2 Quelles informations diffuser ? 136
    — 2.4.3 Comment diffuser l’information ? 138
    — 2.4.4 Où distribuer de l’information ? 138
  • 2.5 Le soutien émotionnel immédiat 138
    — 2.5.1 Où dispenser ce premier soutien émotionnel ? 139
    — 2.5.2 L’outreach actif 139
  • 2.6 L’aide psychiatrique d’urgence 139
    — 2.6.1 Les troubles émotionnels, le stress et l’anxiété 141
    — 2.6.2 Les symptômes dépressifs 145
    — 2.6.3 Les symptômes psychotiques aigus 147
    — 2.6.4 Les psychoses chroniques 149
  • 2.7 Le rétablissement des liens familiaux et la réunification des familles 150
    — 2.7.1 Les informations sur les membres de la famille 151
    — 2.7.2 La réunification familiale 151
  • 2.8 L’intégration sociale des personnes isolées 151
  • 2.9 La prise en charge des défunts, de leurs proches et de leur communauté 152
    — 2.9.1 L’enregistrement des décès 152
    — 2.9.2 L’annonce du décès et la restitution des effets personnels 153
    — 2.9.3 L’identification des corps 153
    — 2.9.4 Les hommages à la dépouille 154
    — 2.9.5 Le dépôt mortuaire 154
    — 2.9.6 Les funérailles 155
  • 2.10 La réintroduction de la routine quotidienne et des rituels personnels, familiaux et sociaux 156
    — 2.10.1 Situations de conflit et de post-conflit, routine et rituels 156
    — 2.10.2 L’importance de la routine et des rituels 157
    — 2.10.3 La routine et les rituels personnels 158
    — 2.10.4 La routine et les rituels familiaux 158
    — 2.10.5 La routine et les rituels sociaux 158

3. La phase de post-urgence 166

  • 3.1 Interventions durant la phase de post-urgence et population-cible 166
    — 3.1.1 Les interventions visant la population affectée dans son ensemble 166
    — 3.1.2 Les interventions destinées aux groupes vulnérables 166
    — 3.1.3 Les interventions destinées aux personnes vulnérables 167

4. Les étapes de la phase de post-urgence 167

  • 4.1 L’évaluation approfondie 167
  • 4.2 La diffusion d’information 173
  • 4.3 La gestion du stress 174
    — 4.3.1 Les activités sociales 175
    — 4.3.2 Le sommeil 175
    — 4.3.3 La relaxation 176
    — 4.3.4 La respiration 177
    — 4.3.4 Les massages 179
    — 4.3.5 La gymnastique douce 180
    — 4.3.6 L’activité physique et le sport 180
  • 4.4 La réintroduction des activités sociales 181
    — 4.4.1 Les activités productives et utiles 181
    — 4.4.2 Les activités culturelles, festives et religieuses 183
    — 4.4.3 Les activités ludiques et sportives 184
  • 4.5 La prise en charge des défunts, de leurs proches et de leur communauté 184
    — 4.5.1 L’exhumation et l’identification des restes humains 184
    — 4.5.2 L’inhumation des restes humains 185
    — 4.5.3 Les cérémonies, les commémorations, les mémoriaux,
    les monuments aux morts 185
  • 4.6 Les relations entre communauté affectée et population d’accueil 186
  • 4.7 Les groupes de parole 187
    — 4.7.1 À qui s’adressent les groupes de parole ? 187
    — 4.7.2 L’objectif des groupes de parole 187
    — 4.7.3 Les règles de base 188
    — 4.7.4 L’animation des groupes de parole 188
    — 4.7.5 Les participants 190
    — 4.7.6 Le lieu de rencontre 190
    — 4.7.7 Le déroulement des groupes de parole 190
  • 4.8 Les groupes d’entraide communautaire 191
  • 4.9 Le counseling individuel 192
  • 4.10 Le recrutement et la formation du personnel local 194
    — 4.10.1 Le recrutement des ressources humaines locales 194
    — 4.10.2 La formation du personnel local 194
  • 4.11 Le système de référence et de contre-référence 196
    — 4.11.1 Établir une cartographie des ressources locales disponibles 197
    — 4.11.2 Former les intervenants à repérer les signes de gravité
    d’un trouble mental nécessitant de référer le patient
    vers un service spécialisé 197
    — 4.11.3 Organiser un réseau d’échange 198

Chapitre 3 Le soutien des groupes vulnérables 203

1. Le soutien des enfants 203

  • 1.1 Les besoins des enfants : sécurité, stabilité, prévisibilité 203
  • 1.2 Le soutien aux parents 205
    — 1.2.1 L’aide aux mères sévèrement perturbées 205
    — 1.2.2 Les conseils aux parents 206
  • 1.3 Le soutien aux enfants 210
    — 1.3.1 La diffusion d’information 210
    — 1.3.2 La réunification des familles et l’intégration
    des enfants non accompagnés 211
    — 1.3.3 Les activités 212

2. Le soutien des adolescents 219

  • 2.1 L’adolescence 219
    — 2.1.1 Le développement physique 220
    — 2.1.2 Le développement psychique et affectif 220
    — 2.1.3 Le développement social 220
  • 2.2 Les besoins des adolescents 220
  • 2.3 Adolescence et violences de masse 221
  • 2.4 Le soutien aux parents 222
  • 2.5 Le soutien aux adolescents 224
    — 2.5.1 L’information 224
    — 2.5.2 La réunification des familles et l’intégration des adolescents
    non accompagnés 224
    — 2.5.3 Les activités 225

3. Le soutien des personnes âgées 228

4. Le soutien des victimes de violence sexuelle 232

5. Les activités liées au VIH/SIDA 238

Conclusion 243

Glossaire 245

Bibliographie générale 259

Webographie générale 265

Sites Web 279

Index 289

 L’éditeur

Sortie prévue en septembre 2009 chez de Boeck Université dans la collection Crisis professionnels

CRISIS est aujourd’hui la première collection francophone à offrir aux auteurs et au public un lieu spécifiquement destiné à accueillir des ouvrages d’analyse et de questionnements, qui apportent également des pistes afin de mettre en place des dispositifs institutionnels et organisationnels adaptés.

 Interview

A l’occasion de la parution de son dernier livre écrit en collaboration avec Vincent Dubois, Textes PSY pose quelques questions à Evelyne Josse, membre de Psy désir, psychologue - 14 Avenue Fond du Diable, 1310 La Hulpe, Belgique

+32(0)2/633.56.70

Il s’agit de : « Interventions humanitaires en santé mentale dans les violences de masse », un ouvrage d’Evelyne Josse et Vincent Dubois, chez de Boeck Université, collection Crisis. Préface du Professeur Louis Crocq.

Voir en ligne : http://www.textes-psy.com/spip.php?article1164

Question : Pourquoi as-tu écrit ce livre aujourd’hui ?

E.J. : Les organisations humanitaires portent secours aux populations en danger dans les zones de combat, sur les chemins de l’exode et dans les camps de réfugiés et de déplacés. Jusqu’il y a peu, l’assistance s’adressait en priorité aux besoins vitaux tels que la nourriture, l’eau, les installations sanitaires, les soins de santé et les abris. Ces dernières années cependant, les acteurs humanitaires ont été de plus en plus interpellés par les répercussions des violences de masse sur l’équilibre émotionnel et social des individus et des communautés. Cela les a conduits à proposer des programmes de santé mentale visant à restaurer et à maintenir le fonctionnement psychologique et social des populations affectées. Toutefois, ce type d’intervention n’en est encore qu’à ses débuts. Pour l’optimaliser, il nous a semblé opportun de recenser les pratiques répondant le plus adéquatement aux problèmes spécifiques rencontrés par ces communautés.

Question : Dans tes interventions, pars-tu seule ou es-tu envoyée par un organisme ?

E.J. : Je suis dépêchée par des organismes. Travailler dans des contextes de conflit et de post-conflit ne s’improvise pas. Les situations sont potentiellement dangereuses et il peut être suicidaire de s’y engager sans être encadré par un organisme assurant votre sécurité. De plus, les programmes d’aide psychologique ne sont qu’une partie du dispositif d’ensemble des plans d’urgence. Ils doivent être développés conjointement avec les médecins et les logisticiens.

Question : A qui destines-tu ce livre plus particulièrement ? A qui as-tu pensé en l’écrivant ?

E.J. : Ce manuel s’adresse à un large public de professionnels concernés par les interventions en santé mentale dans les contextes de violences de masse. En priorité, il est conçu comme un outil pratique destiné au personnel de santé mentale intervenant dans les urgences. Il décrit de manière détaillée et systématique des interventions susceptibles de répondre efficacement aux besoins des populations affectées. Y sont développées pour les personnes vulnérables, des mesures spécifiques, tant psychologiques que psychiatriques. Pour la communauté, sont suggérées des actions simples visant à atténuer la détresse générale et à prévenir l’apparition de troubles mentaux et psychosociaux. Cet ouvrage se présente aussi comme un guide visant à accompagner les gestionnaires des programmes de santé mentale dans la définition des stratégies et des actions pertinentes à mettre en œuvre dans les situations d’urgence. Par ailleurs, je souhaite que cet ouvrage puisse renforcer l’attention des décideurs opérationnels des sièges des organisations humanitaires ainsi que les responsables de terrain aux conséquences des violences sur la santé mentale des individus qui les subissent. Dans les premiers temps de l’urgence les besoins vitaux constituent leur préoccupation première. Du coup, la santé mentale peut leur sembler secondaire et être reléguée au second plan. J’espère également qu’il sensibilisera les décideurs politiques aux effets de ces violences et de l’exil sur l’équilibre émotionnel et social des individus et des communautés. Le souci majeur de ces responsables est de porter secours rapidement aux populations en danger, de rétablir et de maintenir la sécurité intérieure ainsi que de favoriser la reconstruction de la société. Or, l’impact à court, moyen et long termes de tels événements sur la santé mentale et le bien-être psychosocial risquent d’entraver, voire d’obérer, le processus de paix et les efforts de reconstruction de la société.

 Résumé de l’ouvrage mettant en lumière la dimension « genre »

« Interventions humanitaires en santé mentale dans les violences de masse », un ouvrage d’Evelyne Josse et Vincent Dubois, chez de Boeck Université, collection Crisis. Préface du Professeur Louis Crocq.

Informations en ligne (4e de couverture, table des matières, etc.) : http://www.resilience-psy.com/spip.php?article109

Les organisations humanitaires portent secours aux populations en danger dans les zones de combat, sur les chemins de l’exode et dans les camps de réfugiés et de déplacés. Jusqu’il y a peu, l’assistance s’adressait en priorité aux besoins vitaux (nourriture, eau, installations sanitaires, soins de santé et abris). Ces dernières années cependant, les acteurs humanitaires ont été de plus en plus interpellés par les répercussions des violences de masse sur l’équilibre émotionnel et social des individus et des communautés. Cela les a conduits à proposer des programmes de santé mentale. Toutefois, ce type d’intervention n’en est encore qu’à ses débuts. Pour l’optimaliser, les auteurs ont recensé les pratiques répondant le plus adéquatement aux problèmes spécifiques rencontrés par les communautés affectées.

Cet ouvrage s’adresse à un large public de professionnels concernés par les violences de masse. En priorité, il est conçu comme un outil pratique destiné au personnel de santé mentale. Il décrit de manière détaillée et systématique des interventions susceptibles de répondre efficacement tant aux besoins de la communauté affectée dans son ensemble que des personnes vulnérables.

Bien que toute la population soit touchée par les violences et leurs conséquences, certains groupes de personnes présentent une vulnérabilité accrue les prédisposant davantage à subir des dommages, des menaces ou des pertes quelconques et/ou à souffrir de leurs conséquences délétères. Les femmes comptent parmi ceux-ci. En effet, elles risquent davantage que leurs partenaires masculins d’être agressées sexuellement (viols, esclavage sexuel, exploitation sexuelle, grossesses forcées, services sexuels comme monnaie d’échange, etc.) et de subir des discriminations qui les marginalisent de leur communauté ou limitent leur accès aux diverses ressources disponibles (nourriture, articles non alimentaires, soins médicaux, etc.). Cette considération ne doit toutefois pas faire oublier que les femmes puissent être agresseurs et les hommes, victimes. Elle ne doit pas non plus occulter le fait que les femmes possèdent des capacités, des compétences et des stratégies efficaces pour faire face à leur situation difficile. Il suffit pour s’en convaincre de penser à la force, au courage et à la ténacité dont elles font preuve en s’engageant comme combattantes, en se mobilisant pour la paix, en bataillant pour améliorer leurs conditions de vie et en luttant pour protéger leurs enfants. Leur vulnérabilité dans les situations de violence de masse est en fait largement tributaire de facteurs environnementaux (normes sexistes, dysfonctionnements sociaux, précarité, promiscuité, etc.). Elles sont d’ailleurs d’autant plus vulnérables dans les contextes de conflit et de post-conflit que leur communauté tolérait tacitement la violence à leur égard en temps de paix. L’intérêt porté aux filles et aux femmes affectées par les violences de masse ne doit pas faire oublier les dommages et les souffrances endurées par les individus de sexe masculin. Le personnel combattant des forces militaires nationales, des milices populaires, des forces policières politiques et des groupes armés des seigneurs de la guerre est en grande majorité constitué d’hommes. Ceux-ci sont parfois recrutés contre leur gré. En raison de leurs opinions et de leurs activités politiques ou guerrières, ils sont particulièrement susceptibles d’être blessés ou tués. Plus souvent et plus systématiquement que les femmes, ils sont aussi enlevés par des agents de l’État ou par des personnes agissant sous son couvert, arrêtés, détenus et exécutés arbitrairement. Ils sont également plus fréquemment l’objet de tortures. Tout comme la vulnérabilité des femmes, celles des hommes dans les situations de conflit est largement conditionnée par les facteurs environnementaux et notamment les normes patriarcales. En effet, elle résulte directement des rôles spécifiques et de la position dominante attribuée à leur genre. Ainsi, par exemple, ils sont la cible privilégiée de la violence politique en raison de leur omniprésence dans la vie publique et ce, dans toutes les sociétés où ils sont incorporés dans les forces armées selon le concept ancestral que les hommes ont naturellement des aptitudes guerrières.

Cet ouvrage consacre de larges chapitres aux femmes et à leurs difficultés spécifiques. Il détaille également les besoins et la prise en charge d’autres groupes vulnérables tels que les enfants, les adolescents, les personnes âgées, les victimes de violences sexuelles et les personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Ce manuel constitue également un guide visant à accompagner les gestionnaires des programmes de santé mentale dans la définition des stratégies et des actions pertinentes à mettre en œuvre dans les situations d’urgence. Il souhaite également renforcer l’attention des décideurs opérationnels des sièges des organisations humanitaires ainsi que les responsables de terrain aux conséquences des violences sur la santé mentale des individus qui les subissent. Enfin, il ambitionne de sensibiliser les décideurs politiques aux effets de ces violences et de l’exil sur l’équilibre émotionnel et social des individus et des communautés. Le souci majeur de ces responsables est de porter secours rapidement aux populations en danger, de rétablir et de maintenir la sécurité intérieure ainsi que de favoriser la reconstruction de la société. Or, l’impact à court, moyen et long termes de tels événements sur la santé mentale et le bien-être psychosocial risquent d’entraver, voire d’obérer, le processus de paix et les efforts de reconstruction de la société.

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