Comment annoncer un décès tragique aux proches du défunt ?

, par  Evelyne Josse

Article paru sur www.secunews.be, le 14 février 2011. Pour voir l’article sur le site de secunews, cliquez ICI.

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Comment annoncer un décès tragique aux proches du défunt ?


Evelyne Josse, 2011

Dans le premier article, nous avons décrit la préparation d’une mission policière consistant à informer les familles du décès tragique d’un des leurs. Nous allons maintenant détailler les étapes de l’annonce proprement dite.

Après s’être présentés, les intervenants s’assureront que leurs interlocuteurs sont les plus proches parents du défunt. Ils prieront la famille de s’asseoir et feront de même.

Le décès doit être annoncé de manière simple et directe, avec chaleur et compassion. L’un d’eux, prendra la parole et dira, par exemple, J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer. Il marquera ensuite une courte pause pour permettre à la famille de se préparer psychologiquement et poursuivra : Votre parent, Monsieur/Madame X, est malheureusement décédé. Il ponctuera son propos d’une nouvelle pause, puis dira Je suis désolé. Il fournira ensuite les informations sur le lieu, l’heure et les circonstances des événements. Il veillera à parler de la victime décédée au présent et non à l’imparfait ou au passé composé.

Il prendra le temps d’accueillir les réactions émotionnelles des endeuillés (cris, pleurs, colère, agitation, sidération, ...). Il validera et normalisera ces réactions par des phrases simples telles que C’est difficile, c’est normal que vous réagissiez comme cela.

Il exprimera également son empathie par le langage non verbal (buste penché vers ses interlocuteurs, hochement de tête, gestes, ton de voix apaisant, etc.) transmettant le message : Je vous écoute et je suis en phase avec ce que vous exprimez. Il fera passer sa compréhension sans faire référence à lui-même. Les déclarations du type : J’imagine à quel point c’est éprouvant pour vous ou Je comprends à quel point cette situation vous fait souffrir peuvent être perçues positivement par une personne et négativement par une autre qui s’exclamera : Non, vous ne pouvez pas l’imaginer ! Vous ne pouvez pas comprendre ! Vous n’êtes pas à ma place.

Le choc initial passé, les proches poseront généralement des questions. L’intervenant répondra à leurs interrogations par les éléments factuels dont il a connaissance mais sans donner plus de détails que demandés. S’il possède des informations réconfortantes sur les derniers instants du défunt, il en fera part et dira, par exemple, Il n’a pas souffert. Tout au long de la conversation, il le nommera par son nom ou par son statut familial par exemple, Votre père, Votre sœur, Votre fils, etc. et évitera les mots « corps », « dépouille », « cadavre » ainsi que les adjectifs « broyé », « déchiqueté », etc.

Dans la mesure du possible, les policiers éviteront de laisser la famille seule après l’annonce du décès. Un intervenant psychosocial de l’assistance aux victimes de la zone de police continuera d’assurer le soutien de la famille à leur départ. Si pour une quelconque raison, cet appui ne peut être obtenu, ils solliciteront un voisin, un ami ou un membre de la famille de les relayer. Ils témoigneront de leur disponibilité et laisseront les coordonnées du service où les endeuillés pourront les contacter pour des informations complémentaires.

Articles de la série :

Evelyne Josse

Psychologue, psychothérapeute

Source : http://www.policeboraine.be

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