Pédoprédation, de qui et de quoi se méfier ?

, par  Evelyne Josse

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Article paru sur secunews.be le 3 mai 2011. Pour voir l’article sur le site de secunews.be, cliquez ICI


  Pédoprédation, de qui et de quoi se méfier ?


Evelyne Josse, 2011

www.resilience-psy.com

Depuis toujours les adultes mettent les enfants en garde contre les inconnus et leur enjoignent de ne pas leur adresser la parole. Or, eux-mêmes transgressent cette règle devant leurs enfants lorsqu’ils passent commande dans un restaurant, s’informent sur un produit dans un magasin ou demandent leur chemin. En outre, ils poussent les enfants à les imiter en les incitant, par exemple, à répondre aux questions d’un baby-sitter ou d’un enseignant qu’ils rencontrent pour la première fois. Ne pas parler aux inconnus est tout simplement irréaliste et cette mise en garde s’avère insuffisante.

 Les inconnus

De qui les enfants doivent-ils se méfier ?

Généralement, les parents enseignent aux enfants qu’ils doivent se méfier de toute personne qu’ils ne connaissent pas et qu’ils n’ont jamais rencontrée. Mais…

Un inconnu n’est pas uniquement une personne que l’on croise pour la première fois

La plupart des enfants ne considèrent pas comme un étranger un individu rencontré à quelques reprises et a fortiori s’il leur est familier. Par exemple, ils peuvent croiser le facteur et l’épicier régulièrement et les saluer. Le facteur et l’épicier doivent-ils être considérés comme des inconnus ou sont-ils des personnes de confiance ?

Craindre tous les inconnus peut s’avérer dangereux

Les personnes sont généralement bienveillantes ; seules quelques-unes sont mal intentionnées à l’égard des enfants. Inculquer une crainte absolue des inconnus peut s’avérer contre-productif. En effet, les enfants risquent de refuser l’aide utile d’un adulte s’ils s’égarent ou se blessent malencontreusement. Les policiers et les gardes de sécurité sont des inconnus à qui les enfants peuvent accorder leur confiance. Les fonctionnaires des services publics, les commerçants, les caissiers des grandes surfaces et les femmes accompagnées de leurs enfants sont également des étrangers vers lesquels ils peuvent chercher secours s’ils sont en difficulté.

Les enfants doivent-ils alors se fier à leur instinct pour discerner les « bons » des « méchants » ?

Le physique ou l’allure d’une personne ne trahit pas ses intentions

Dans les films, les bandes dessinées, les contes et les jeux vidéo, les êtres malfaisants sont souvent effrayants. De plus, leur attitude antipathique, leur morgue, leur regard mauvais, leur sourire carnassier, leurs vêtements sombres et leur laideur permet généralement de les distinguer des individus respectables. Pétris des stéréotypes ainsi véhiculés, les enfants se forgent une image tronquée des prédateurs et ne suspectent pas le danger face aux personnes affables et souriantes. Or, les ravisseurs d’enfants prennent soin de passer inaperçus. D’apparence banale et discrète, ils peuvent évoquer l’attitude bienveillante d’un voisin ou d’une connaissance. En outre, pour attirer leur proie et l’amadouer, ils se montrent généralement avenants, gentils et sympathiques.

 Apprendre à repérer des signaux

Plutôt que d’exhorter les enfants à se méfier des inconnus, il est davantage pertinent de leur apprendre à éviter les situations à risque et à repérer les signaux de danger.

Il est approprié qu’un caissier leur parle ou qu’un collègue de bureau salue leur parent et leur posent quelques questions. Par contre, il est suspect qu’un adulte leur demande de l’aide, leur offre des bonbons, les suive, les invite à monter dans un véhicule, etc.

Dans le prochain article, nous verrons quels sont les pièges les plus fréquemment tendus par les pédoprédateurs.

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Evelyne Josse

Psychologue, psychothérapeute

Source : http://www.suite101.com

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