Comment faire face aux réactions de deuil d’un enfant ?

, par  Evelyne Josse

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Article paru sur www.secunews.be, le 07 mars 2011. Pour voir l’article sur le site de secunews, cliquez ICI.


Comment faire face aux réactions de deuil d’un enfant ?


Evelyne Josse

Dans l’article précédent, nous avons vu que le décès d’un proche, parent, ami ou connaissance, représente une épreuve douloureuse pour les plus petits comme pour les enfants plus grands et les adolescents. Parents, enseignants, éducateurs, assistants de prévention, etc. peuvent être confrontés à un jeune ayant perdu un proche ; voici quelques conseils susceptibles de les aider à soutenir l’enfant.

  • Quel que soit l’âge de l’enfant, faites-leur part du décès. Vous croyez peut-être préférable de leur dissimuler la vérité afin de leur épargner la peine que va leur infliger cette nouvelle. Sachez cependant que c’est en lui offrant la possibilité de vivre son deuil que vous l’aidez réellement. Expliquez-lui les événements d’une manière simple, honnête et adaptée à son âge. Donnez-lui ensuite la possibilité de poser des questions.
  • Autorisez-le à exprimer ses émotions. Expliquez-lui qu’il est normal de se sentir triste ou en colère lorsque l’on perd un être cher.
  • Expliquez le caractère définitif de la mort « Papa ne reviendra jamais. C’est impossible. Il ne le peut pas et personne ne peut le faire revenir ». Dans les mois suivant le décès, si l’enfant est âgé de 3 à 5 ans, il vous demandera peut-être à plusieurs reprises quand il reverra le défunt. Vous devrez répéter que la personne est décédée et que cela signifie qu’elle ne reviendra jamais.
  • Il est difficile de répondre aux questions relatives au sort d’un défunt (par exemple, l’endroit où il va). Restez fidèle à vos croyances et aux traditions familiales. Evitez toutefois de dire qu’il est parti en voyage ou qu’il s’est endormi pour toujours sans quoi l’enfant pourrait craindre de voyager ou de s’endormir.
  • Dans la mesure du possible, l’enfant devrait pouvoir assister aux funérailles. Participer au rituel de l’adieu peut les aider dans leur processus de deuil.
  • Rassurez l’enfant en lui rappelant qu’il peut compter sur l’entourage familial.
  • « Comment a-t-il pu mourir alors que j’avais besoin de lui ? », « C’est injuste qu’il soit mort maintenant », « Je vais le venger » sont autant de réflexions qui traduisent la colère des enfants vis-à-vis du défunt lui-même, du sort ou de l’auteur du drame (par exemple, le conducteur responsable de l’accident mortel). Normalisez ces sentiments. Laissez-les exprimer leur colère mais réprouvez énergiquement tout passage à l’acte violent. [1]
  • Parfois, l’enfant se culpabilise, imaginant, par exemple, qu’un comportement fautif est responsable du décès de la personne (il n’a pas obéi, il n’a pas été sage, etc.). Rassurez-le sur le fait qu’il est innocent de la tragédie.
  • L’enfant peut manifester la crainte de mourir ou redouter la disparition d’autres proches. Pour lui, la mort est comme une maladie contagieuse que lui-même ou son entourage peut contracter. Expliquez-lui que la mort ne s’attrape pas comme une grippe.
  • La mort d’un parent oblige parfois l’adolescent à assumer prématurément des responsabilités d’adulte. Laissez-lui s’abandonner à son chagrin avant de les endosser.

Articles de la série

Evelyne Josse

Psychologue, psychothérapeute

Source : http://www.resilience-psy.com/

[1Josse E. (2011), Le traumatisme chez le nourrisson, l’enfant et l’adolescent, de Boeck, coll. Le point sur

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