Décès brutal d’un proche : les réactions des enfants et adolescents

, par  Evelyne Josse

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Article paru sur www.secunews.be, le 28 février 2011. Pour voir l’article sur le site de secunews, cliquez ICI.


 Décès brutal d’un proche : les réactions des enfants et adolescents

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Evelyne Josse, 2011

Le décès accidentel d’un père dans une collision, l’homicide d’un frère adolescent lors d’une bagarre violente, la mort d’un parent dans un incendie sont autant d’événements dramatiques à l’origine de la disparition brutale d’une personne affectivement proche d’un enfant ou d’un adolescent.

La disparition d’un être cher est une épreuve pour les tout petits comme pour les enfants plus grands. Toutefois, leurs réactions émotionnelles sont directement tributaires de leur développement et de leur compréhension des événements. Les nourrissons, qui manquent à la fois de maturité et d’expérience, n’ont pas conscience de la particularité de la mort. Elle s’apparente pour eux à n’importe quelle séparation.

Entre trois et cinq ans, les enfants intègrent petit à petit le concept de mort mais ne réalisent pas qu’un décès représente une séparation définitive. Ils croient que le défunt regagnera un jour le foyer ou qu’il « vit » dans un autre monde d’où il peut les observer, les entendre, etc. A cinq ans, ils saisissent le caractère irréversible de la mort mais non son universalité. Ils l’envisagent pour les adultes, surtout lorsqu’ils sont âgés, mais pas pour eux-mêmes ni pour leurs proches. Entre cinq et huit ans, ils comprennent que toute forme de vie est condamnée à disparaître, y compris la leur. Les préadolescents et adolescents ont la même compréhension de la mort que les adultes.

Outre leur capacité de compréhension des événements, d’autres facteurs vont influencer les réactions des enfants tels que son attachement au défunt, les circonstances du décès (attendu ou brutal), le niveau de détresse et de désorganisation que la perte entraîne dans son univers (disparition d’un parent, accueil transitoire dans la famille élargie ou chez des amis, etc.), l’attention portée à ses besoins par son entourage : les proches profondément ébranlés par leur propre deuil peuvent être momentanément incapables d’assurer correctement leurs fonctions parentales, décès de l’adulte de référence, etc. [1]

Les nourrissons sont principalement affectés par la disparition des personnes qui les maternent. Les enfants plus grands sont également touchés par la perte des personnes qui s’occupent d’eux ainsi que des proches de la famille (frères et sœurs, grands-parents, etc.). En grandissant, ils souffrent aussi du décès tragique d’un ami, d’un condisciple, d’un membre éloigné de la famille, d’un enseignant, d’un voisin, etc.

Dans un premier temps, nombreux sont les bébés qui pleurent et crient. Ils peuvent ensuite présenter des signes de désespoir (apathie, pleurs monotones et interminables, désintérêt pour l’environnement, etc.). Les jeunes enfants peuvent traverser une période de choc (refus de croire au décès, insensibilité provisoire), puis manifester du chagrin (désespoir, tristesse) et/ou de la colère. Confrontés à la disparition prématurée d’un proche, les enfants se tournent instinctivement vers les adultes qui les entourent et s’identifient immédiatement à leurs attitudes et réactions. Leur comportement est donc souvent calqué sur le leur et profondément influencé par ce qu’ils pressentent de leurs attentes.

Les préadolescents et les adolescents peuvent sembler peu touchés par la perte, masquer leurs émotions ou réagir agressivement. Les plus âgés auront des réactions comparables à celles des adultes.

Dans le prochain article, nous proposerons quelques conseils destinés aux adultes aux prises avec les réactions d’un enfant dont un proche est décédé.

 Articles de la série

Evelyne Josse

Psychologue, psychothérapeute

Source : http://www.resilience-psy.com/

[1Josse E. (2011), Le traumatisme chez le nourrisson, l’enfant et l’adolescent, de Boeck, coll. Le point sur

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