Prévention du traumatisme pour le personnel de secours

, par  Evelyne Josse

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Article paru sur www.secunews.be, le 19 Septembre 2014
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Prévention du traumatisme pour le personnel de secours


Evelyne Josse
2014

Dans le précédent article, nous avons détaillé les réactions que les professionnels des services de secours et d’urgence peuvent manifester après avoir été confrontés à un événement hautement stressant, voire traumatisant. Voici maintenant quelques conseils pour les aider à recouvrer leur équilibre après un tel événement.

Si une séance de débriefing émotionnel est organisée, participez-y.

Si un collègue est décédé, participez aux rituels de deuil tels que condoléances aux proches, funérailles, etc.

Ne prenez pas de décisions importantes alors que vous êtes bouleversé. Accordez-vous le temps de la réflexion.

Soyez prudent car dans les jours suivant un incident critique, vous encourez un risque accru de provoquer un accident.

Partagez votre vécu avec quelqu’un de confiance. Souvent, les personnes affectées par une épreuve commencent à se sentir mieux lorsqu’elles ont l’opportunité de parler, d’exprimer leurs émotions et de se sentir écoutées. Le mécanisme de défense qui consiste à refouler les sentiments désagréables interfère avec le processus de rétablissement psychologique. En effet, réprimer ses sentiments ou les taire peut être à l’origine de troubles somatiques, de dépression, d’anxiété et d’agressivité. Rappelez-vous toutefois que vos collègues peuvent être bouleversés par le même événement que vous et être dans l’impossibilité de vous offrir un soutien efficace. De même, votre famille et vos amis peuvent ressentir un « traumatisme secondaire » parce qu’ils se représentent les difficultés que vous avez affrontées et être incapables d’écouter votre récit. Dans ce cas, une aide psychologique professionnelle peut s’avérer la solution la plus appropriée.

Certains organismes ont créé un réseau de soutien par les pairs regroupant des volontaires qui souhaitent aider par leur écoute leurs collègues en difficulté. Si ce soutien existe, n’hésitez pas à y faire appel.

Demandez l’aide d’un professionnel de la santé mentale en cas de troubles tels que souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement, impression que l’événement pourrait se reproduire, cauchemars, dépression, anxiété, sensation de détachement, consommation abusive d’alcool, plaintes somatiques, comportements agressifs, etc. Certains organismes ont intégré des psychologues au sein de leur unité. Il est également possible de faire appel à un psychologue externe. Nombreux sont les policiers, les pompiers, les ambulanciers et les secouristes qui se caractérisent par leur fermeté devant les épreuves et leur besoin de maîtrise. Ces traits de personnalité expliquent en partie le désintérêt de certains pour un soutien psychologique. De plus, leur identité professionnelle est directement corrélée à leur résistance et le culte dominant au sein de leur organisation est celui de la forte personnalité, capable de faire face aux situations extrêmes. Dans ce contexte, solliciter des soins psychologiques peut être ressenti comme un aveu de faiblesse ou comme une inadéquation professionnelle. Or, être capable de solliciter du soutien est une capacité essentielle qui permet de rebondir et de bien fonctionner malgré les situations défavorables.

Si vous jugez ne plus pouvoir assumer vos fonctions, consultez un médecin et signalez-le lui. Il vous conseillera peut-être un congé pour maladie. Certaines personnes peuvent vivre ce repos forcé comme un échec ou se sentir coupable « d’abandonner » l’équipe. Or, accepter ses limites réclame une grande connaissance de soi et beaucoup de conscience professionnelle car les personnes en détresse éprouvent généralement des difficultés à reconnaître leur épuisement psychique et dénient souvent leur perte d’efficacité. Rappelez-vous qu’une personne souffrant de stress dépassé ou traumatique se révèle habituellement un poids pour ses collègues.

Si vous pensez qu’une aide médicamenteuse peut vous être utile, parlez-en au médecin. Ne pratiquez pas l’automédication. Ne consommez que les médicaments qui vous sont prescrits.

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Evelyne Josse
Psychologue, psychothérapeute, www.resilience-psy.com

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